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09 février 2026

Spéc. n°005 : L'été de la sorcière, de Kaho Nashiki

Spécimen n° 005

"On passe lentement un col et au bout de la route, dans la forêt, c'est là. La maison de la grand-mère de Mai, une vieille dame d'origine anglaise menant une vie solide et calme au milieu des érables et des bambous. Mai qui ne veut plus retourner en classe, oppressée par l'angoisse, a été envoyée auprès d'elle pour se reposer. 

Cette grand-mère un peu sorcière va lui transmettre les secrets des plantes qui guérissent et les gestes bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent. Cueillir des fraises des bois et en faire une confiture d'un rouge cramoisi, presque noir. Prendre soin des plantes du potager et aussi des fleurs sauvages simplement parce que leur existence resplendit. Ecouter sa voix intérieure. 

Ce n'est pas le paradis, même si la lumière y est si limpide, car la mort habite la vie et, en nous, se débattent les ombres de la colère, du dégoût, de la tristesse. Mais auprès de sa grand-mère, Mai apprendra à faire confiance aux forces de la vie, et aussi aux petits miracles tout simples qui nous guident vers la lumière."

Chez Philippe Picquier - 168 pages

Origine de la cueillette

Un résumé intrigant, qui promettait d’explorer des thématiques chères à mon cœur. Acheté sur la boutique en ligne de ma liseuse et repéré grâce à une opération promotionnelle.

Milieu exploré

Essence du Récit

Récit contemporain (Japon, XXIème siècle) 70%
Drame (déprime, phobie scolaire) 60%
Liens (famille, nature, quotidien) 90%

L’histoire se déroule de nos jours au Japon. La jeune Mai, qui vit à Tokyo, traverse une période de profonde tristesse. Pour la remettre d’aplomb, ses parents l’envoient à la campagne, chez sa grand-mère qui vit quasiment en autarcie.

Observations de terrain
Ce qui s'épanouit
  • Un style de toute beauté, capable de raconter la vie simple et quotidienne avec beaucoup de justesse ;
  • Une description à la fois luxuriante et sauvage de la nature ;
  • Un découpage du texte qui accompagne bien la progression du récit.
Ce qui fane
  • La toute dernière partie, très courte, m’a peut-être un peu moins plu, même si elle s’avère essentielle.

On aurait envie de dire que c’est un roman comme seuls les Japonais savent en écrire, avec cet amour des traditions et d’une vie bien ordonnée.

Immersion

Ce court roman est une ode à l’importance d’un quotidien structuré par une multitude de gestes et de tâches (oisiveté comprise), afin de ne pas perdre le fil d’un moral parfois fragile. 

Il invite aussi à réfléchir à notre propre mortalité, un sujet qui étreint Mai par des bouffées d’angoisse terribles, et qu’elle va peu à peu apprivoiser à travers cette forme de « sorcellerie » douce. Il y a là l’idée que la vie n’a peut-être pas de sens arrêté, mais qu’elle mérite d’être habitée pleinement. J’ai trouvé cela très beau, et profondément apaisant. 

Les thématiques qui m’ont particulièrement touchée sont celles de l’artisanat (si cher à mon cœur), du lien à l’autre mais aussi à soi-même, et cette conscience diffuse que nous formons un tout avec la nature qui nous entoure — et que nous oublions parfois. 

 Davantage que du fantastique, il y a surtout l’idée que nos croyances, même symboliques (les esprits, les signes, les coïncidences), peuvent devenir des appuis intérieurs si elles nous apaisent. Comme une mythologie personnelle qui aide à avancer. Un peu comme ce jeu intime : « si la prochaine voiture est rouge, demain je trouve l’amour ». On sait que cela n’a pas de lien réel, mais il y a quelque chose, là, qui soutient. Peut-être est-ce aussi cela, la magie.

Temps de conservation

J’aurais pu le lire d’une traite, mais il m’a fallu deux voyages en car pour le terminer. C’est un roman qui enrobe, qui accompagne la lecture comme un cocon discret, peu importe le lieu.

Indice de traces

Spécimen n° 005 archivé dans l'herbier le 06/02/2026.

🌿🌿🌿🌿🌿 [4] — Trace marquée :
Envie d'en reparler, d'y repenser, parfois d'y revenir. Le livre a laissé quelque chose de net.
🌿

Pour ma part, j’ai beaucoup pensé à mes grands-parents en lisant, et à ces après-midi passés à équeuter des haricots verts en écoutant la radio. 

Sur le moment, cela me paraissait parfois long et banal. Il m’a fallu du temps pour comprendre que ces gestes simples faisaient partie de souvenirs profondément heureux et structurants.

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