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14 février 2026

Spéc. n°006 : Ce que Fanny veut..., de Karine Lebert

Spécimen n° 006

"Ce que Fanny veut... Fanny l'aura ! 

À la fin du XIXe siècle, à Paris, entre la butte Montmartre et les beaux quartiers de la capitale, Fanny, jolie fleur ambitieuse de seize ans, met tout en œuvre pour s'extraire de sa modeste condition. Afin de gagner sa vie, elle pose pour des peintres en mal de gloire en espérant un avenir meilleur. 

Trois hommes providentiels, Sam, le compagnon de toujours, Geoffrey, l'aristocrate intrigant, et Nathan, le médecin philanthrope, vont bouleverser le cours de son jeune destin. 

Sur les traces de l'imprévisible Fanny, un roman à la fois plein de grâce et de gravité."

Chez Les Presses de la Cité - 280 pages

Origine de la cueillette

Karine Lebert est une autrice que j’apprécie et dont j’essaie de lire un maximum d’œuvres, le plus souvent au gré de mes trouvailles en bibliothèque.

Milieu exploré

Essence du Récit

Récit historique (France, XIXème siècle) 40%
Romance (vie sentimentale) 60%
Récit initiatique (ambitions, choix) 70%

L’histoire se déroule dans le Montmartre de la Belle Époque, à mi-chemin entre une gentrification naissante et un quartier encore populaire. Elle suit Fanny, fille de prostituée, qui désire ardemment s’élever dans la société de son temps.

Observations de terrain
Ce qui s'épanouit
  • Fanny, protagoniste principale aux dents longues, mais d’une naïveté parfois déconcertante ;
  • Le plaisir d’en apprendre davantage sur l’histoire de Montmartre ;
  • Une scène particulièrement réussie au Bazar de la Charité.
Ce qui fane
  • Fanny aussi : elle se révèle souvent suprêmement agaçante et égoïste, au point de rendre la lecture parfois difficile ;
  • L’écriture de l’autrice, plus morcelée qu’à l’accoutumée, m’a semblé moins fluide, presque hachée.

Il n’est ni évident ni anodin de mettre en scène un personnage aussi clivant — et c’est audacieux de la part de l’autrice. 

Mais la pauvreté est une guerre, et avec un peu de recul, il devient plus facile de comprendre les agissements de Fanny.

Immersion

J’avais adoré Les demoiselles de Beaune, qui conjuguait avec efficacité histoire, souffle romanesque et destin de femme. Ici, l’intention est similaire, mais la magie opère un peu moins. 

 Tout repose d’abord sur Fanny, protagoniste difficile à suivre et à apprécier, mais animée d’une rage de s’en sortir absolument tenace. Naïve, tout en ayant une conscience aiguë du peu de choix qu’offre sa condition de femme, elle mise sur différents “chevaux” — des hommes fortunés dont elle s’entiche avec plus ou moins de sincérité — jusqu’à finir par se prendre à son propre piège. J’ai tantôt adoré, tantôt été profondément agacée par Fanny, mais sa ténacité force le respect. 

Les éléments romantiques, davantage présents dans la seconde moitié, sont plutôt bien amenés et disséminés avec justesse. Cependant, le style m’a moins convaincue que d’habitude. Je l’ai trouvé plus factuel, parfois presque froid, comme dénué d’émotion, ce qui m’a laissée à distance du récit du début à la fin. 

C’est d’autant plus dommage que le cadre est riche : un Paris de la Belle Époque où l’on brûle la vie par les deux bouts, entre fêtes et excès, comme en témoigne la mère de Fanny, courtisane emportée par les maladies. 

 On croise aussi deux figures masculines intéressantes, incarnant deux visages de la bourgeoisie : l’un frivole, décadent et profondément égoïste ; l’autre plus ouvert, presque progressiste, conscient des fractures sociales. 

 C’est typiquement le genre de roman qu’on voudrait aimer davantage. Mais, malgré ses qualités, il ne me marquera pas durablement — à mes yeux, il reste une œuvre mineure dans la bibliographie de l’autrice.

Temps de conservation

Malgré sa relative brièveté (moins de 300 pages) et sa grosse police, il m’a fallu une bonne semaine pour en venir à bout. Rien ne me donnait une envie impérieuse de le reprendre, sans pour autant susciter l’envie de l’abandonner.

Indice de traces

Spécimen n° 006 archivé dans l'herbier le 12/02/2026.

🌿🌿🌿🌿🌿 [2] — Trace légère :
Un ou deux moments, une ambiance, un personnage qui restent un peu. On s'en souvient, sans y revenir vraiment.
🌿

C’est un léger spoiler, désolée, mais un détail m’a marquée : Fanny, qui aurait pu s’élever grâce à un homme, mentionne au détour d’une phrase avoir acheté quelques toiles d’un peintre torturé et sans succès qu’elle trouvait jolies… un certain Van Gogh. Rien de plus n’est développé, mais on devine sans peine qu’elle finira par faire fortune par elle-même.

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