"Nord-Est de l’Angleterre, au lendemain du vote du Brexit. Trois adolescentes dans un McDonald’s d’autoroute. Bourrées de caféine, de sucre, d’adrénaline, couvertes de sable et soulevées d’éclats de rire, elles viennent de laisser leur amie brûler vive entre les quatre murs d’une cabine de plage. Cinq ans plus tard, Alec Z. Carelli, journaliste à scandales et auteur disgracié, rôde dans les rues de Crow-on-Sea, la ville côtière du drame."
Chez Fayard - 459 pages
Conseiller par une proche, après qu'on ait par hasard discuté de Tumblr.
Essence du Récit
L'histoire se déroule en Angleterre, dans la deuxième partie des années 2010, ainsi que quelques années plus tard. On navigue dans une Angleterre périphérique aux grandes villes, mais aussi côtières, et sinistrée socialement par la fermeture des industries. Il y a également parmi la population une fracture nette entre les pro et les anti Brexit.
Les héroïnes sont des ados assez loin de ces questions politiques, mais qui néanmoins entendent leurs parents et sont aussi le produit de ce qui se fait et se dit dans leurs familles respectives. Ajoutons aussi que la partie se déroulant dans le présent interroge ces dits-parents et donne à voir un portrait caustique des deux oppositions.
On ne peut pas dire qu'on s'attache réellement aux protagonistes, car ce n'est pas l'objet de ce récit. Il s'agit plutôt de décortiquer une époque (celle du Brexit), une sous-culture (les ados sur Tumblr) et les mécanismes de la violence et du harcèlement, exacerbés par l'émergence brutale des réseaux sociaux.
Concernant le sujet précis de l'immersion, c'est encore une fois un roman particulier, qui pour être apprécié nécessite, selon moi, quelques connaissances des sujets qui y sont abordés. De fait, si vous savez ce que sont les Creepy Pasta, que r/Columbine vous évoque quelque chose et que le terme Ukip vous parle, c'est parfait : vous tenez ici un artefact de ce qu'était la culture web de cette courte époque.
Dans le cas contraire, mieux vaut passer son chemin. Concernant le style de l'autrice, il est parfait dans ce genre d'écrit, contenant la juste dose de cynisme et d'horreur qu'il faut, avec une vision de la réalité particulièrement caustique. Le livre en lui-même n'est pas évident à appréhender, il faut s'impliquer pour être dedans, donc ne pas le lire de manière trop morcellée.



Ce roman, bien qu'épais, se lit relativement vite car d'une langue accessible et fluide, presqu'orale - normal, étant composé à majorité de (faux) témoignage ayant trait au meurtre relaté. Rapidité qui peut être influencée par le fait d'être ou non "dans" l'histoire. Pour ma part, il m'a fallu quatre ou cinq jours environ pour le lire.
Spécimen archivé dans l’herbier le 30/10/2024.
Un ou deux moments, une ambiance, un personnage qui restent un peu. On s’en souvient, sans y revenir vraiment.
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