"Il faut comprendre que tout puait la mort. Tout puait tellement la mort chez mon père que j'ai commencé à écrire sur son cadavre de son vivant. Le soir, pour me soulager de son lent suicide par l'alcool, pour ne pas devenir plus violente que je ne l'étais déjà avec lui, et moi-même, par une sordide et ordinaire impuissance, je prenais mon stylo et je le tuais. Et puis, il est mort. Pour de vrai. Et je n'ai plus écrit. Le soulagement de ne plus devoir supporter cette laideur n'a pourtant pas suffi. Il fallait remettre de la beauté là où tout avait été sali. Et c'est comme ça qu'un jour, je suis devenue thanatopractrice."
Chez P.O.L. - 192 pages
Un éditeur que j'évite souvent comme la peste car beaucoup de déceptions et de textes qui ne me parle pas forcément en tant que lectrice. Cependant, le résumé, bien que suscitant le malaise car évoquant frontalement le corps mort, m'a rendu trop curieuse, comme si j'y sentais quelque chose à même de me plaire.
Essence du Récit
L'histoire se déroule en huis-clos dans une morgue, où la thanatopractrice/protagoniste principale nous raconte, à mesure qu'elle fait les différents soins (détaillés) au corps mort de son père, sa vie au côté de lui. Son alcoolisme et son caractère fantasque ont fait de son enfance à la fois un paradis et un enfer, si bien qu'adulte, elle est encore profondément marquée par ce qu'elle a vécu. Chaque soin est imbriqué à une histoire, un moment de vie particulier, égrenant en fil rouge l'histoire d'une famille marquée par l'addiction, mais aussi quelques joies et bonheurs. On se sent touché par cette enfance difficile, et cette vie de jeune adulte à tenter d'aider quelqu'un - un père - qui ne veut pas d'aide - soit la pire chose avec une personne souffrant d'addiction, d'autant que le lien filiale ouvre toutes les insécurités possibles.
La sensation a la lecture n'est pas répétitive, l'absence de chapitre aidant à lisser la narration dans un grand ensemble que l'on peut de soi-même poser et reprendre sans perdre le fil. L'immersion auprès de la thanatopractrice est aussi saisissante, on apprend beaucoup sur la profession, ses codes et ses gestes. Un savoir-faire que l'on se surprend à admirer.



Lecture rapide, et très immersive. C'est tout à fait le genre d'œuvre qui peut se lire d'une traite si on a du temps devant soi.
Spécimen archivé dans l’herbier le 19 avril 2026.
Le livre revient en tête après coup. Certaines scènes ou idées s’installent dans l'esprit, sans pour autant être obsédantes.
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