Spécimen n° 002
"1288, Al Iskandarïyah, Égypte. Un marchand récupère la lourde besace d'un voyageur agonisant. Il n'en percera jamais le secret et ignore qu'il vient de signer son arrêt de mort. II est égorgé alors qu'il tente de vendre le sac à un intermédiaire, celui du comte Aimery de Mortagne.
1307, abbaye de femmes des Clairets, France. La très jeune mère abbesse des Clairets, Plaisance de Champlois, doit faire face à la fronde de son chapitre. À la tête de celle-ci, la grande prieure, Hucdeline de Valézan, protégée par son frère, monseigneur Jean, ombre trouble de Rome.
Une jeune moniale, Angélique, est découverte étranglée. Sans doute parce qu'elle ressemble beaucoup à l'une de ses sœurs, Marie-Gillette d'Andremont, qui a fui l'Espagne après l'assassinat de son amant. D'autres meurtres surviennent. Se peut-il que le - ou les - meurtrier soit le même que celui de l'amant de Marie-Gillette ? Ou bien faut-il se tourner vers l'une des anciennes prostituées recueillies par l'abbaye ? Ou encore vers l'un des lépreux du comte de Mortagne que l'abbaye a été contrainte d'accueillir ? Mais quel est donc le rôle exact du comte de Mortagne, qui survient très à propos en l'abbaye ? Qu'y cherche-t-il au juste ? La mystérieuse besace que convoitent tant de personnes, dont monseigneur Jean ?
Construit sur le modèle du huis clos, Monestarium est un " thriller historique " haletant."
Chez Calmann-Lévy - 353 pages
Adorant les polars historiques, cette autrice m’intriguait depuis longtemps.
Essence du Récit
L’histoire se déroule au XIVe siècle et suit principalement une jeune mère abbesse, encore adolescente, confrontée à une série de meurtres au sein de son abbaye.
En parallèle, elle doit gérer l’accueil de lépreux récalcitrants et maintenir l’équilibre fragile de sa communauté.
Le roman s’inspire d’une figure ayant réellement existé : une jeune femme propulsée mère abbesse à un âge extrêmement précoce, dans le même contexte historique.
Ce qui s'épanouit
- Une époque restituée avec une grande force d’évocation
- Les jeux de pouvoir religieux, d’une finesse constante ;
- Un suspense qui tient jusqu’au dénouement.
Ce qui fane
- Un langage soutenu, qui pourra freiner certains lecteurs.
On sent chez l’autrice une volonté nette de faire revivre l’époque dans sa densité, portée par un travail minutieux sur la langue et un choix lexical très précis, parfois érudit, mais toujours signifiant.
Monestarium se révèle profondément immersif. Le roman parvient à installer son univers à chaque changement de décor, même si l’essentiel de l’intrigue reste resserré dans un huis clos monastique.
Les personnages, principaux comme secondaires, sont particulièrement réussis, avec de véritables trajectoires et plusieurs fausses pistes qui enrichissent la lecture.
Le récit met également en lumière la brutalité des jeux de pouvoir au sein du clergé, où les influences circulent sans relâche. La question de la lèpre est également abordée, notamment dans la manière dont elle était traitée à l’époque, avec une dureté qui laisse une trace.
On imagine sans difficulté chaque lieu, chaque figure, comme si le Moyen Âge était observé de l’intérieur. Et c’est sans doute là le plus beau compliment : un roman digne des "Grands Détectives”.
Je garderai en mémoire cette jeune mère abbesse, souvent dépassée par la charge de sa fonction, mais qui continue de l’assumer avec une forme de calme et de justesse impressionnantes.
Le roman m’a beaucoup plu et s’est lu rapidement, grâce à de longues plages de lecture. La langue, exigeante, demande toutefois une attention constante, ce qui ralentit parfois le rythme. Mais l’immersion, elle, reste entière et durable.
Spécimen n° 002 archivé dans l'herbier le 26/01/2026.
Envie d'en reparler, d'y repenser, parfois d'y revenir. Le livre a laissé quelque chose de net.
Ce type de romans me manque dans les publications actuelles. Il n’existe malheureusement plus, à ma connaissance, de collection qui lui soit dédiée.
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